PLAIDOYER
MULTILATÉRAL

Les espaces des Nations unies, de l'Union africaine et de la CEDEAO sont ceux où se forgent les lois, se fixent les normes et s'écrivent ou s'effacent les cadres qui régissent la vie des personnes LGBTQI+. Nous refusons de traiter l'accès à ces espaces comme neutre.

PLAIDOYER MULTILATÉRAL

Les espaces multilatéraux — Nations unies, Union africaine, CEDEAO — sont ceux où les lois prennent forme, où les normes se fixent et où les cadres internationaux qui gouvernent la vie des personnes LGBTQI+ sont rédigés ou effacés. Ces salles comptent. C'est pourquoi nous refusons de traiter l'accès à ces instances comme une question neutre.

CHEVS s'engage dans les espaces de plaidoyer multilatéral et transnational non pour jouer une légitimité de façade, mais comme prolongement des mouvements dans lesquels nous sommes ancrés. Nous y allons avec les voix et les revendications des militant·es de première ligne — rarement présent·es, souvent parce que la salle n'a pas été pensée pour elles.

COMMENT NOUS NOUS ENGAGEONS

Notre plaidoyer multilatéral opère simultanément à trois niveaux.

01 Niveau mondial

Au niveau international, nous nous appuyons sur les mécanismes des Nations unies — Commission de la condition de la femme (CSW), Examen périodique universel (EPU), organes des traités — pour faire reconnaître les réalités des personnes LGBTQI+ en Afrique dans les délibérations mondiales et pour exiger des États qu'ils honorent leurs engagements internationaux.

02 Niveau continental

Au niveau continental, nous travaillons aux côtés des coalitions féministes et LGBTQI+ africaines auprès de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) et de l'Union africaine. Nous faisons progresser les cadres de droits, contestons les lois discriminatoires et plaidons pour la mise en œuvre des protections existantes — notamment le Protocole de Maputo et la résolution 275 de la CADHP, qui affirme la protection contre la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre.

03 Niveau sous-régional

Au niveau régional, nous nous engageons auprès des institutions et processus de la CEDEAO, dont la Cour de justice, pour un agenda ouest-africain des droits humains qui n'abandonne pas les personnes les plus marginalisées — surtout lorsque le contexte politique se durcit.

POURQUOI NOUS
CONTINUONS À NOUS PRÉSENTER ?

Être présent·es dans les espaces multilatéraux n'est ni simple ni évident pour les communautés avec lesquelles nous travaillons. Refus de visa, contrôles frontaliers racialisés et coût prohibitif des déplacements excluent systématiquement des voix essentielles des salles où se prennent les décisions. Celles et ceux que touchent le plus les politiques débattues sont souvent les moins susceptibles d'y être présent·es.

Nous prenons cette contradiction au sérieux. Notre plaidoyer multilatéral inclut la contestation des conditions de participation elles-mêmes — pour que les institutions conçoivent des espaces qui centrent réellement les personnes les plus exposées, et pas seulement celles qui ont le « bon » passeport. Nous documentons les obstacles, nous les nommons publiquement et nous affirmons qu'ils ne sont pas accidentels : ils sont politiques.

À QUOI RESSEMBLE
CE TRAVAIL CONCRÈTEMENT

CHEVS participe aux grands moments de plaidoyer international et prépare les parties prenantes communautaires. Nous produisons des notes, rapports parallèles et soumissions politiques qui traduisent les réalités du terrain dans un langage auquel les institutions réagissent.

Nous tissons des coalitions avec des organisations alliées sur le continent pour amplifier les revendications collectives. Et nous ramenons ce que nous apprenons — reliant le global au local, pour que les processus internationaux nourrissent et soient nourris par l'organisation de terrain.

Ce travail multilatéral reste redevable aux mouvements, pas à la seule visibilité.